Zodiac Station

Quoi de plus isolé qu’une station scientifique au Pôle ? Peu de chose. Et ce ne sont pas les amateurs d’horreur, avec The Thing de John Carpenter en tête ou la version originale de 1951, qui diront le contraire. C’est pourtant ici que Tom Harper a choisi de placer son thriller, Zodiac Station.
Tout commence lorsqu’en pleine tempête, un brise-glace des garde-côtes américains récupère un homme se déplaçant à ski sur la banquise, à moitié mort de froid. Il dit venir de Zodiac Station, un laboratoire de recherche scientifique sur une ile perdue au beau milieu de l’océan Arctique. Et que celui-ci a été détruit dans une explosion criminelle, dont il est le dernier survivant.
Peu à peu, le récit des derniers jours de la station se dévoile, et d’autres rescapés apportent un éclairage différent sur ce qu’il s’est réellement produit. Tout comme le capitaine du brise-glace, vous allez devoir démêler le vrai du faux au fur et à mesure du récit. Simple rivalité sentimentalo-professionnelle, nouvelle évolution de la Guerre froide ou réelle explication du troisième type ? Je ne vous donnerais qu’un indice. Tom Harper connaît sur le bout des doigts le Frankenstein
de Mary Shelley et sait en jouer pour dérouter ses lecteurs. La structure du livre n’est d’ailleurs pas sans rappeler son illustre modèle. Et la fin en est tout aussi abrupte. Si celle-ci conclut assez bien l’histoire du narrateur principal, elle ne répond pas à la question première : pourquoi Zodiac Station a explosé. Ou plutôt elle évacue trop rapidement la réponse en quelques lignes.
Zodiac Station est le premier roman de Tom Harper. On lui pardonnera donc ce défaut de construction, ainsi que les deux ou trois autres pistes lancées en l’air et vite abandonnées. L’action, malgré les multiples changements de narrateurs et de cadre temporel, reste claire tout en gardant un rythme soutenu. Outre Frankenstein et The Thing, Tom Harper a glissé
des allusions à d’autres œuvres cultes du fantastique nettement moins faciles à détecter. Celles-ci laissent planer le doute sur le genre du livre jusqu’à la fin.

Zodiac Station
de Tom Harper
Traduction de Claude Marnier
Éditions Bragelonne