Underdog Samurai

Découvert pour ma part avec I Am Vampire, Romain Ternaux confirme avec Underdog Samurai qu’il maîtrise à la perfection le style foutraque, largement exubérant, chaotique et plutôt vert. Âmes sensibles s’abstenir ! Ce livre est l’équivalent d’une série Z produite par Troma au plus fort de son succès. Si vous avez aimé The Toxic Avenger ou Tromeo and Juliet, ne cherchez plus, vous avez trouvé le livre qu’il vous faut.
Une fois de plus, ce roman met en scène un personnage de loser qui raconte ses aventures à la première personne, et n’étant pas du tout le plus fiable des narrateurs. Ici, il s’agit d’un fan d’arts martiaux et de films de kung-fu, obsédé par le Japon (et donc pas très doué en géographie, mais également très obsédé par la serveuse du restaurant japonais) qui s’est fait délester de quelques milliers d’euros pour acheter un « authentique » katana dans les bas-fonds du Web. Las, ce n’était que du toc. Et, ni une, ni deux, le tocard décide de devenir un pur génie du combat pour aller réclamer son dû aux yakuzas responsables de l’arnaque. Rien que ça…
Encombré d’un vieux grand-père antipathique et d’un clochard alcoolique en guise de
sensei, il se lance dans une quête qui le conduira de la banlieue parisienne à Dallas en passant par les bas-fonds de Tokyo. Saupoudrez le tout de quelques sumos, d’un docteur ayant un sérieux problème de drogues et ajoutez y un affrontement millénaire entre yokaïs. Vous obtiendrez un récit épique qui, s’il est loin de sentir la rose, aura au moins le mérite de vous faire rire. Le protagoniste va y vivre des aventures de plus en plus rocambolesques et hallucinantes jusqu’à perdre de vue son objectif premier et le descendre en flamme. Étrangement comme l’auteur, qui donne l’impression avec sa fin abrupte d’avoir atteint son quota de pages et de loufoquerie. Dommage, un peu de rabs n’auraient pas été de refus, après un petit passage à la douche ?

Underdog Samurai
de
Romain Ternaux
Éditions
Aux Forges de Vulcain

Badroulboudour

Couverture du livre Badroulboudour, paru Aux Forges de Vulcain. Une valise perdue dans le desert sous un ciel bleu et un croissant de lune.Il est parfois des textes légers qui, sans appartenir en propre à l’imaginaire, vous invite à l’évasion et posent un sourire sur vos lèvres le temps de quelques heures. Badroulboudour de Jean-Baptiste de Froment est de ceux-là.
De quoi parle ce roman ? De deux personnes portant le même nom, Antoine Galland et vivant à des siècles de distance. Le premier a réellement existé, il fut le traducteur et le compilateur des Mille et Une Nuits. Le deuxième est son homonyme fictif, protagoniste du récit, universitaire spécialiste des Mille et Une Nuits, fraichement séparé de sa femme et en partance avec ses deux petites filles pour un club de vacances en bord de mer, en Égypte.
À la manière des contes ayant inspiré cette histoire, les vies des deux Antoine vont se mêler dans un récit oscillant entre la farce tragi-comique et la fable philosophique sur la superficialité de la société de consommation, la lutte des classes et l’opposition ou l’attraction entre l’Orient et l’Occident. Le tout étant écrit par un écrivain français qui a découvert l’Orient par les mêmes histoires dont il parsème la sienne et dans un récit, où de l’Égypte moderne, nous ne lirons quasiment rien hormis un bout de plage et un terminal d’aéroport. Et pourtant Badroulboudour, tout en finesse et en légèreté, joue de ses propres failles pour amuser le lecteur et, au passage, en égratigner certains préjugés.
Pas mal non pour un texte léger comme une histoire du soir ?

Badroulboudour
de
Jean-Baptiste de Froment
Éditions Aux forges de Vulcain