Judge Dee and the Limits of the Law

©Red Nose Studio

Les histoires de vampires se suivent et ne se ressemblent pas sur le blog. Après une vision particulière du voyage du Demeter dans Dracula, voici Judge Dee and the Limits of the Law, une vignette vampirique préparée par Lavie Thidar. Loin du cyberpunk de son roman Central Station, l’auteur joue ici avec des figures mythiques et littéraires venues d’un peu partout.
Commençons par le Judge Dee du titre calqué sur un détective de fiction chinois connu tant en littérature qu’au cinéma. Il est accompagné par Jonathan, un jeune anglais qui lui sert de greffier. Dans un rôle similaire à celui de Jonathan Harker dans Dracula. Tous les deux parcourent l’Italie du Nord à la manière d’un certain Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la rose.
Sauf que… ce Judge Dee est un vampire et sert à la fois d’enquêteur, de juge et d’exécuteur (comme un certain Judge Dredd en passant) pour les crimes de ses semblables contre la loi vampirique. Dans cette histoire, il va être amené à régler de manière sanglante un conflit de territoires entre deux barons vampiriques. À moins qu’on ne se soit joué de lui ?
Même si l’univers est à l’opposé de Central Station, Lavie Tidhar traite ses personnages, même les plus rustres, avec délicatesse et humanité. L’histoire nous est d’ailleurs rapportée par Jonathan, un être humain. Et contée comme un récit de veillée au coin du feu… Pour rire aux dépens des vampires, ou avec eux ? Cette courte nouvelle est disponible gratuitement en ligne sur le site de l’éditeur.

Judge Dee and the Limits of the Law
de Lavie Thidar
Éditions Tor

Magnus Ridolph

Jack Vance était un conteur de SF exceptionnel, et surtout un incontournable de mes lectures estivales. Cette année au lieu de relire un des livres présents dans ma bibliothèque, j’ai craqué pour Magnus Ridolph réédité par Mnémos dans sa collection Hélios. Sous ce titre, la maison rassemble dans un format de poche l’intégrale des dix nouvelles mettant en scène le personnage du même nom.
Mélange improbable d’Hercule Poirot et d’Arsène Lupin, Magnus Ridolph est un enquêteur sillonnant la galaxie au gré de ses envies et de ses aventures commerciales. Qu’il soit mandaté par un client ou qu’il tombe sur un cas intéressant totalement par hasard comme dans Coup de grâce la dernière nouvelle,
à chaque enquête il va toujours s’arranger pour retourner la situation à son profit ou malicieusement se moquer de son client.
Avec un personnage principal identique, les dix nouvelles composant ce recueil ont chacune une tonalité qui lui est propre. Certaines comme Les sardines de qualité inférieure sont finalement assez tristes et mélancoliques, d’autres comme La Spa des étoiles ou Raccourcis pour Sanatoris sont plutôt comiques. D’autres comme L’immonde McInch ou Le cycle infernal sont de purs polars avec une résolution
elle typiquement de science-fiction.
Encore une fois avec Magnus Ridolph, Jack Vance prend son lecteur par la main, l’amène au coin du feu ou d’une terrasse ombragé, lui sert un verre (avec ou sans alcool) et lui raconte des histoires. Ici, ce n’est pas le merveilleux qui prédomine, mais l’anecdote et le côté roublard distingué de Magnus Ridolph. Il vous narre les bons tours que le détective a joués à ceux qui se croyaient plus intelligents que les autres, ou qui comptaient tirer profit indûment des autres. Ces nouvelles très courtes sont une excellente introduction au style et à la faconde de Jack Vance.

Magnus Ridolph
de Jack Vance
Traduction de Brigitte Mariot
Éditions Mnémos