Howl’s Moving Castle

Avant de voir il y a quelques années Le Château ambulant d’Hayao Miyazaki, je n’avais jamais entendu parler de Diane Wynne Jones. Il m’a fallu relire The Books of Magic de Neil Gaiman et tomber sur une interview où il citait l’autrice comme source d’inspiration pour que je me penche à nouveau sur elle.
Naturellement j’ai commencé par Howl’s Moving Castle, le premier volume de la trilogie mettant en scène Sophie et le magicien Howl. Oubliez le film d’Hayao Miyazaki, l’histoire en est au final très différente. Ici nous suivons les aventures de Sophie, une jeune fille s’ennuyant ferme dans un magasin de chapeau. Elle croise la route de
la Sorcière des landes qui lui donne l’aspect d’une vieille femme et atterrit dans un drôle de château où, bon gré mal gré, elle va briser la malédiction entourant Howl et son démon du feu, Calcifer.
L’histoire est compliquée par les origines mêmes de Howl, Gallois bon teint de notre monde qui a trouvé la porte vers un monde magique et sauvé la vie de Calcifer. Mais également par la vie de famille de Sophie, de sa belle-mère et de ses sœurs qui vont toutes à des degrés divers se retrouver mêlées aux manigances de la Sorcière des landes. Le caractère des personnages n’a rien à voir avec l’anime qu’en a fait Hayao Miyazaki : Sophie jeune est nettement plus effacée ; et surtout le Howl du titre est certes gentils et un puissant magicien, mais il donne l’impression d’impression d’être un dandy sans cervelle trop préoccupé par son apparence et son petit confort pour être réel
lement utile à l’histoire. Au contraire, ses non-dits sont un obstacle plus qu’autre chose. Calcifer lui se révèle à la hauteur de son statut de démon : terrifiant, changeant et puissant. C’est, avec Sophie, le personnage le plus intéressant de ce livre.
Touffu, le roman Howl’s Moving Castle cumule tous les ingrédients d’une bonne histoire pour enfant autour de la sorcellerie : un château dont les portes ouvrent sur plusieurs mondes, une série d’êtres humains déguisés en animaux et objets, des combats de sorcellerie, un royaume enchanté ayant perdu son prince, trois jeunes sœurs et leur belle-mère, et même des sirènes ! Pour autant, l’histoire reste très facile à lire avec une bonne alternance entre les moments comiques et l’action. Elle convient aussi bien aux adultes cherchant un roman de fantasy original qu’aux collégiens voulant découvrir l’anglais autrement qu’avec Harry Potter de J.K. Rowling.

Howl’s Moving Castle
de Diane Wynne Jones
Éditions Harper’s Collins

Kiki la petite sorcière

Kiki la petite sorcière est depuis longtemps l’un de mes films préférés du studio Ghibli. Mais je n’ai appris que très récemment qu’il était adapté d’un livre du même nom écrit par Eiko Kadono. D’ailleurs le succès du film réalisé par Hayao Miyazaki va pousser l’autrice à reprendre l’histoire de son héroïne pour cinq livres de plus déjà en cours de traduction chez Ynnis, l’éditeur de celui-ci.
Mais revenons à ce premier tome, et oublions un peu l’anime pour se pencher sur le livre. Il s’agit tout simplement d’une jolie histoire classique d’entrée dans l’âge adulte. En effet dans l’univers de Kiki, à 13 ans, après trois ans de formation auprès de leur mère, les sorcières doivent s’envoler vers une autre ville pour s’établir, accompagnée de leur chat noir. Elles ne peuvent revoir leur famille avant qu’une année entière ne se soit entièrement écoulée. C’est désormais autour de Kiki, jeune sorcière espiègle et débrouillarde, mais quelque peu étourdie et rêveuse, de s’envoler.
Certaines péripéties (le chat en peluche, le tableau) sont communes au livre et au film. D’autres importantes dans le film n’apparaissent pas du tout dans le livre. Les aventures de Kiki sont en revanche nettement plus nombreuses et variées que dans le film avec, comme tout bon roman d’apprentissage, à chaque fois un niveau de difficulté supplémentaire pour la sorcière et son chat.
Écrit en 1985, Kiki la petite sorcière a un petit parfum « old school » pas désagréable, mais pour l’avoir fait lire à de jeunes générations actuelles, il passe aussi très bien auprès d’adolescentes du 21e siècle. Et que vous ayez vu le film ou non, à condition de garder une âme d’enfant, il s’avère aussi très drôle. Les différentes livraisons de Kiki et les dialogues avec son chat Jiji sont assez colorés. Le tout est raconté avec beaucoup de tendresse, sans pour autant tomber dans la mièvrerie.
La fin douce-amère voit la petite Kiki enfin devenue presque adulte et impatiente de repartir du nid familial vers le foyer qu’elle s’est elle-même créée au bord de la mer.

Kiki la petite sorcière
de Eiko Kadono
traduction de Déborah Pierret Watanabe
Éditions Ynnis