Les Encombrants

Les opérations promotionnelles massives de Bragelonne ont deux avantages : faire le plein de livres pour sa liseuse à bas coût et faire découvrir des auteurs nouveaux. Elles ont aussi un inconvénient : vous entassez tellement de nouveaux livres qu’il s’écoule parfois beaucoup de temps entre l’arrivée d’un livre et sa lecture. C’est ce qui s’est produit avec Les Encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier. Je ne sais plus lors de quelle promotion je l’ai acheté, mais je ne l’ai lu que récemment au creux de la nuit.
De quoi parle Les Encombrant
s ? De Pigalle, de ses habitants et de sa faune mêlant bobos, haute bourgeoisie déclassée, prostitué·e·s, ivrognes. Et d’un bébé, trouvé dans le tiroir d’un meuble jeté sur le trottoir en attendant le ramassage des encombrants ? Qui est-elle ? Comment est-elle arrivée là ? Que va-t-elle devenir ?
Les Encombrants est un polar typiquement parisien où l’on suit en parallèle la vie du voisinage ayant recueillis le nourrisson et tentant coûte que coûte de s’en occuper et de trouver sa mère sans pour autant que la police ne le trouve et ne l’envoie aux services sociaux, et celle de l’adolescente prostituée à la dérive qui l’a mise au monde et abandonnée. Si le fond est très dur — notamment sur les raisons ayant poussé l’adolescente à la rue et à l’abandon de son enfant, la forme est, elle, plus enjouée.
Et l’autrice, même en n’hésitant pas à dépeindre une réalité assez sordide, ne s’attarde pas plus que le strict nécessaire sur les détails. Elle se consacre plus à dépeindre et rendre vivant le coin de Pigalle où l’action se passe. Vous croiserez dans Les Encombrants une galerie de personnages hauts en couleur de tous les côtés de la barrière. Et il y a de vraies fulgurances comiques, notamment avec la paire de pieds nickelés qui recueillent en premier l’enfant et la baptisent Cerise. L’intrigue elle-même est solide et l’on devine la solution ultime qu’à la toute fin en se maudissant de n’avoir pourtant pas vu les indices avant.
Au final, ce roman est une lecture parfaite pour les transports en commun ou ce creux de la nuit où vous vous réveillez sans pouvoir vous rendormir. Ou si vous aimez les polars à l’ancienne.


Les Encombrants
de Jeanne Faivre d’Arcier
Éditions Bragelonne