Nos héros sont malades

Attirée par la couverture à l’occasion d’une discussion sur Twitter, j’ai finalement craqué pour ce livre parlant psychiatrie et cinéma. Signé par le Dr Christophe Debien et illustré par Ben Fligans, Nos héros sont malades est à la fois très amusant à lire et très didactique.
Attention, vous ne sortirez pas de ce livre en étant capable de poser un quelconque diagnostic sur l’état mental de vos concitoyens. En revanche, vous aurez appris énormément sur les différentes maladies mentales et découvert les différences, voire les oppositions, entre les représentations classiques telles que nous les montre
nt le cinéma et les séries TV et la réalité du terrain.
Plutôt que d’étudier un personnage ou un film après l’autre, l’auteur s’attache à présenter plusieurs thématiques regroupées en séances, après une introduction sur le développement parallèle du cinéma
et de la psychiatrie. La première séance s’intéresse au stress post-traumatique sous toutes ses formes, la deuxième à la schizophrénie trop souvent présentée dans le monde de la culture comme un trouble de personnalités multiples ou le fait d’entendre des voix, la troisième se penche sur la dépression, la quatrième sur les troubles bipolaires, la cinquième est entièrement consacrée au suicide et à la série 13 reasons why sur Netflix (que je n’ai pas vu), la sixième s’occupe des psychopathes et sociopathes et la dernière s’intéresse aux thérapeutes et aux thérapies telles qu’elles sont montrées à l’écran.
Nos héros sont malades ne se veut pas exhaustif et n’aborde pas tous les troubles possibles : on n’y parle pas des représentations de l’autisme ou des troubles du comportement tels que l’anorexie ou les TOC par exemple, même si ceux-ci sont
aussi représentés à l’écran. En revanche, dans les thèmes abordés, il est passionnant et vous donnera forcément envie de voir ou revoir certains films comme Bringing Out The Dead de Martin Scorsese, Une femme sous influence de John Cassavetes ou Donnie Darko de Richard Kelly. De plus, l’auteur propose à la fin de chaque « séance » une sélection de films et séries illustrant les thèmes abordés. De quoi prolonger votre lecture par quelques heures devant l’écran.

Nos héros sont malades
De
Christophe Debien et Ben Fligans
Editions
Humensciences

Et Dieu se leva du pied gauche

C’est bien de trouver de vous dire où trouver de la lecture en période de confinement, mais autant en profiter soi-même, non ? C’est ce que j’ai fait en récupérant chez Confinementlecture, Et Dieu se leva du pied gauche d’Oren Miller, autrice qui m’intriguait depuis longtemps.
Et Dieu se leva du pied gauche n’est pas le premier volume de sa série de romans mettant en scène son enquêteur, Évariste Fauconnier, et l’assistant de celui-ci, Isabeau Le Du, ni l’institut Sainte-Cécile. Certaines références ont pu m’échapper du coup, mais rien qui ne gêne réellement la lecture.
Nous sommes en 1951. Un séminaire d’entreprise a mal tourné à Venise. Partageant une même suite, sept de ses participants sont retrouvés morts, sans explications. La huitième personne est elle saine et sauve, bien que fortement imbibée. Devenue la suspecte idéale pour la police italienne, elle va faire appel à un vieil ami. Et de fil en aiguille, l’institut Sainte-Cécile mettra son meilleur enquêteur sur le coup. Évariste Fauconnier entre en scène. L’enquête le mènera loin de Venise, explorer les dessus d’un hôpital psychiatrique à Neuchâtel. Le récit de celle-ci est entrecoupé par les pensées d’un tortionnaire pervers, mais également par le journal tenu par une personne enfermée dans un camp de concentration en 1943 où avaient lieu des expérimentations sur la psyché humaine.
Très vite, il semble clair que le passé et le
présent sont liés, mais il est difficile de faire la part des choses, jusqu’à la résolution finale.
Le style d’Oren Miller est très agréable et s’adapte en finesse au côté suranné de l’époque qu’elle décrit. Si l’usage de l’horreur du nazisme pour expliquer les pulsions de l’assassin est un cliché lu et relu dans le polar, l’autrice arrive à en dégager un angle original en menant jusqu’au bout le lecteur en bateau. De quoi donner envie de découvrir plus de livres de sa plume.

Et Dieu se leva du pied gauche
d’
Oren Miller
Éditions
L’Homme sans nom