Gideon the Ninth

Premier roman d’une autrice néo-zélandaise, Tamsyn Muir, Gideon the Ninth est un coup de maître. Où le classer ? Est de l’horreur fantastique comme la série de jeu vidéo Dead Space avec ce palais planétaire empli de chausse-trappes mortelles toutes plus épouvantables les unes que le autres ? De la fantasy noire avec ces huit duos d’escrimeurs et de nécromanciens entrés dans une compétition pour atteindre les plus hautes fonctions de l’Empire ? Ou un bon vieux space opéra avec un Empire galactique vieillissant qui a trouvé de nouvelles sources d’énergie ? Tamsyn Muir mélange tous ces genres et produit un livre de 450 pages que vous ne lâcherez pas.
Dès le début, Gideon the Ninth plonge son lecteur au coeur de l’action alors que Gideon, la narratrice principale, cherche à tout prix à quitter la planète sombre et glaciale où elle a grandi. Si, comme la protagoniste, nous sommes souvent perdus au cours des pages jusqu’au dénouement final, la plume de Tamsyn Muir et les fantaisies qu’elle s’autorise accrochent durablement le regard. Moi qui adore le sarcasme finement amené, ce livre en est rempli. Est-ce parce que les personnages sont à la fin d’une époque ? Ils s’affrontent tout autant à coup d’épée ou de nécromancie qu’à coup de répliques bien senties et de dialogue
empoisonnés. Même les personnages secondaires, voire les objets inertes (si,si) ont cette pointe d’acerbité et d’humour au pire moment qui produit un mélange savoureux. Sans ce talent d’écriture, avouons-le, Gideon the Ninth ne serait qu’une succession de scènes sanglantes et osseuses entrecoupées de passages assez oiseux. Avec, Tamsyn Muir nous dépeint des personnages attachants ou odieux, mais toujours avec de multiples facettes. Elle nous donne envie de poursuivre notre lecture jusqu’au bout. Et à la fin d’attendre avec impatience la suite. Belle réussite !

Gideon the Ninth
de Tamsyn Muir
Éditions
Tor