Trois mangas SF rafraîchissants pour l’été

Pour ne pas charger ses bagages pour ceux qui partent en vacances, pour s’offrir une lecture détente à la fin d’une journée de travail pour les autres, ou tout simplement par envie de découvrir des œuvres de SF atypiques, voici trois mangas : une fin et deux commencements.

Flow t.2 et 3
Je vous ai déjà parlé de Flow, le manga de Yuki Urishibara, lors de la sortie du tome 1 en début d’année. La série est désormais terminée, puis qu’elle ne faisait que trois petits tomes. Et ? Elle tient toutes ses promesses. Le deux autres tomes après le premier font doucement progresser l’intrigue et offrent une fin qui est à la fois ouverte et suffisamment satisfaisante pour ne pas se sentir frustrée sans quatrième livre. À travers ces différentes histoires de flow, l’autrice nous propose des réflexions sur la vie de famille, le temps qui passe, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, la pression sociale et comment y résister. Et nous parle aussi de chats, de leurs petites manies et de la façon dont, mine de rien, ils changent parfois le cours du destin des humains qui les côtoient, même lorsqu’aucune fluctuation dimensionnelle n’est impliquée. Je sens que ces trois volumes vont finir par faire partie de mes relectures régulières quand j’aurais envie de douceur.

Flow t.2 et t.3
de Yuki Urushibara
traduction de Pascale Simon
Éditions Kana

Babel t.1
Akata commence à se faire une belle réputation dans le domaine des mangas d’imaginaire que ce soit pour des dystopies, du planet opera militaire ou de l’horreur. Avec cette nouvelle série, Babel, qui ne durera que 5 tomes, l’éditeur nous propose un récit intrigant mêlant réalité virtuelle et amour des livres. Avec une bonne dose de mystère ésotérique à la Umberto Eco ou Arturo Pérez-Reverte.
Dans le premier tome de Babel, nous suivons Olsen, un jeune homme qui veut devenir « restaurateur » au sein de Bibliotheca, le réseau virtuel numérisant toutes les connaissances humaines depuis les premières traces écrites. Son but ? Comprendre ce qui est arrivé à son père, lui-même travaillant à Bibliotheca, et expliquer sa mystérieuse disparition. Plus que l’histoire, qui dans ce premier tome se met doucement en place, Babel m’a fasciné par le trait de son autrice Narumi Shigematsu, très acérée et laissant une grande place au vide, à la blancheur de la page. S’il est parfois difficile de distinguer un personnage d’un autre (Lipp ressemble assez à Olsen enfant dans certaines cases par exemple), elle donne un sens du mouvement et brouille avec application les frontières entre réel, monde virtuel et rêve, passé et présent. Le tome 2 au moins sera surement dans ma liste d’achat à sa sortie en septembre.

Babel
de Narumi Shigematsu
traduction d’Alexandre Goy
Éditions Akata

Les Promeneuses de l’Apocalypse t.1
Les road trips post-apocalyptiques en SF sont légion, que ce soit au cinéma ou en littérature. Mais s’il est un qualificatif qu’on leur accole rarement c’est celui d’une balade joyeuse. Pari relevé avec Sakae Saito qui emmène ses deux protagonistes, Yôko et Airi, faire un tour du Japon en mob pour voir les lieux les plus touristiques. Sauf que… un désastre, encore inconnu à la fin du premier tome, est intervenu et que le Japon est en ruine, la faune sauvage a investi les villes et les ports et les humains se font extrêmement rares. Et pourtant, Yôko et Airi ont décidé de quitter leurs bunkers, pour explorer l’archipel en se rendant sur les lieux visités par la sœur de Yôko avant la catastrophe tout en faisant un peu de tourisme virtuel au Japon. En attendant une réouverture éventuelle des frontières ? La série est toujours en cours au Japon, avec trois tomes sortis. Le temps nous dira si l’histoire finit par tourner en rond ou non. Mais la joie de vivre et la nonchalance des deux protagonistes font pour l’instant beaucoup de bien à l’âme.

Les Promeneuses de l’apocalypse
de Sakae Saito
traduction de Marylou Leclerc
Éditions Doki Doki