Les bras de Morphée

Si j’avais souvent croisé les éditions de L’Homme sans nom sur différents salons, je n’avais jamais rien lu d’eux. J’ai profité des promotions numériques liées au Mois de l’imaginaire pour découvrir à petits prix certains titres. Parmi eux, Les bras de Morphée de Yann Bécu a retenu mon attention. Et pourtant le pitch de départ ne m’attirait qu’à moitié. Dans un monde où le sommeil s’est emparé d’une grande partie de la population, un professeur de français ne dormant que 12 heures par jour occupe une partie de son temps en jouant les trolls professionnels et les détectives privés.
Sauf que ce pauvre professeur, Pascal Frimousse, porte bien son nom et n’est pas trempé ni comme un caïd ni comme le roi des magouilleurs. Dans une Prague chimérique où les licornes sont carnivores et les chiens des mets de choix, il va se lancer à la poursuite d’un homme qui aurait trouvé le remède et pourrait à nouveau réveiller l’humanité. Le tout avec un nombre impressionnant de digressions et de rencontres avec des personnages hauts en couleur du gang des mamies mafieuse aux différents patrons de bar et à leurs manies étranges, sans compter un mathématicien qui voit des androïdes à tous les coins de rue et une authentique cagole marseillaise en attachée militaire à l’ambassade.
Si la trame de l’histoire est légère, et l’explication de l’épidémie de sommeil vite expédiée, le monde dépeint par Yann Bécu dans Les
bras de Morphée est intéressant et bien mené. L’humour et l’ironie sont présents tout au long du récit avec de pures trouvailles, notamment parmi les différents Dumas écrivains ou le passage du bac français à l’oral. Le tout servi dans un livre court qui a bien occupé mes quelques heures d’insomnie.

Les bras de Morphée
de Yann Bécu
Éditions de l’Homme sans nom