Suivi de mangas

Il y a quelques mois, je vous parlais de premiers tomes de mangas, en me demandant s’ils valaient le coup de continuer plus avant. Pour deux séries, ayant continué ma lecture, j’ai ma réponse. Découvrons donc…

Sarissa of Noctilucent Cloud – tome 4

À la sortie du premier tome, je me demandais si l’histoire saurait gagner en originalité ou si cela resterait celle d’un shonen de bagarre aérienne classique avec des kaïjus. Au sortir de ce quatrième tome, je dirais que Sarissa se situe toujours à mi-chemin entre ces deux tendances. Mais ce titre est surtout diablement addictif. Les personnages sont particulièrement attachants, et leur psyché a plus de profondeur que prévu. Quitte à appuyer là où ça fait mal, comme le passé du pilote français présenté comme un ex-skin raciste qui en dit beaucoup sur l’image de notre pays à l’étranger… Les mystères également s’épaississent et nous ne sommes pas dans la configuration bateau : un volume, un nouvel arpenteur à affronter. Qui sont les Anciens ? Pourquoi Danke et la nouvelle fireball ont-ils une apparence aussi étrange ? Que sont au juste les arpenteurs ? Que veut réellement Mum ?
Vous l’aurez compris, Sarissa est devenu pour moi l’un de ces titres détente que j’attends et que dévore aussitôt acheté. Les explications et notes en fin de volume font également partie de mon plaisir de lecture, en passionnée d’aéronautique.


Sarissa of Noctilucent Cloud
de Miki Matsuda (scénario) et Kome (dessins)
traduction de Akiko Indei et Pierre Fernande
Éditions Panini

Wombs – tome 3

Si les deux premiers volumes m’avaient convaincue de la qualité de cette série (même si son thème sous-jacent peut ne pas plaire à tous les publics), ce troisième tome de Wombs confirme cette impression en étant néanmoins plus classique. Mana Oga et ses collègues des forces de transfert ne voient qu’une partie de la guerre en cours et même leurs supérieurs ne jouent pas franc-jeu avec elles. Rien que de très normal dans une fiction militaire, mais même dans cet épisode de transition Yumiko Shirai arrive à nous captiver. Ici, plus que le changement de poste de Mana Oga, j’ai particulièrement apprécié d’en apprendre plus sur les navis et sur la population autochtone de la planète, les nibas. Si la guerre reste présente, l’action sur le front physique laisse la place à des combats psychiques que ce soit pour conquérir de nouveaux points de transfert ou pour que la protagoniste maîtrise ses nouvelles compétences tout en conservant sa santé mentale. Seul bémol, le style parfois trop précipité de la mangaka qui rend certains passages difficilement lisibles. La suite étant prévue pour janvier 2022, je vais la guetter avec impatience…

Wombs
de Yumiko Shirai
traduction d’Alexandre Goy
Éditions Akata

Godzilla

Aimant l’action et les gros monstres, je ne pouvais qu’adorer les films de kaïjus et notamment ceux mettant en scène le plus célèbre d’entre eux Godzilla. Alors quand les deux premiers récits, plus des novellas que des romans vu leurs longueurs, écrit par Shigeru Kayama sont devenus disponibles en français, je ne pouvais que les lire. Et en dévorer les pages.
Si vous avez vu les deux premiers films mettant en scène Godzilla,
c’est-à-dire ceux réalisés respectivement en 1954 et 1955 par Ishiro Honda puis Motoyoshi Oda, l’histoire ne vous surprendra pas. Écrit par le scénariste des films, et auteur de science-fiction intéressé par la cryptozoologie en général, ces deux textes — Godzilla et Le Retour de Godzilla — reprennent la trame des films. Si vous ne les avez pas vus, le premier s’ouvre sur le naufrage mystérieux d’un navire marchand, l’Eiko Maru frappé par un éclair venu du fond de l’océan et non du ciel. Le bateau dépêché à son secours coule lui aussi et une mystérieuse créature ravage l’ile d’Oto voisine. Mettant en scène aussi bien des gens du commun, comme un sauveteur en mer frère d’un pêcheur doublement victime de Godzilla que des hautes pontes, comme le paléontologue qui identifie la créature et sa fille, Godzilla tient d’abord de l’enquête horrifique avant de trouver comment se débarrasser du monstre. Le deuxième texte, Le Retour de Godzilla, est nettement plus court et bien plus destructeur. Ici, il n’y a pas un monstre, mais deux, et la puissance de destruction est démultipliée. La fin est également plus abrupte, et peut être moins ouverte que dans le précédent.
Malgré l’âge des textes, l’écriture est plutôt moderne.
Le premier texte, Godzilla, joue habilement sur la carte de l’horreur notamment lors de la première apparition hors de l’eau du monstre. Mais il montre également bien les tensions entre les différents personnages, tout en restant dans les sous-entendus et les ellipses du fait de la brièveté du texte. Ce qui en fait une excellente histoire que vous soyez fascinés par les monstres géants ou non. Le Retour de Godzilla est nettement plus léger concernant la personnalité des différents intervenants et à mon avis, moins intéressant que le film qui l’a inspiré.

Godzilla
de 
Shigeru Kamaya
traduction de Sarah Boivineau et Yacine Youhat

Éditions
Ynnis