L’Égarée

Hormis les littératures de l’imaginaire, j’ai un très gros faible pour les polars et thrillers. Et depuis que j’avais découvert par hasard Le Chuchoteur, Donato Carrisi figure dans mes écrivains de référence du genre. Il faut dire que, en dehors de La fille dans le brouillard que je n’ai pas fini perdue dans les brumes d’une enquête trop lente à démarrer, ses livres ne m’ont jamais déçue. Autant vous dire que quand j’ai aperçu L’Égarée dans une librairie, j’ai complètement craqué. Acheté le mardi en fin d’après-midi, il fut terminé le jeudi vers 4 h du matin. À la différence du précédent, Tenebra Roma, L’Égarée se situe dans la série entamée avec Le Chuchoteur, même si l’héroïne de la série, Mila Vasquez, n’a qu’un lien indirect avec l’intrigue principale et sa résolution ;
Ici tout commence lorsqu’une qu’une jeune femme de 28 ans est retrouvée nue et amnésique avec une jambe cassée dans les marécages. Elle avait été enlevée lors de ses 13 ans et plus personne n’avait de ses nouvelles. Où était-elle ? Qui était son ravisseur ? Bruno Genko, détective privé dont le cœur en sursis peut le lâcher d’un moment à l’autre décide de reprendre cette vieille affaire alors qu’à l’époque il n’avait pas su aider les parents. En parallèle de son enquête, Sandra Andreotti, la jeune femme en question, est à l’hôpital débriefée par un profileur et raconte peu à peu son histoire.
Comme souvent dans les livres de Donato Carrisi, l’histoire est loin d’être aussi simple. Ici le tourmenteur a lui aussi été victime puis initié dans son nouveau cercle de violence, quitte à faire de ses propres victimes d’autres bourreaux. Si l’on croise certains personnages des deux épisodes précédents de la saga de Mila Vasquez — Le Chuchoteur et L’Écorchée — ils ne font qu’une apparition assez brève. Vous pouvez donc lire L’Égarée sans avoir lu les deux livres précédents. Et si la toute fin en mettant enfin en scène ladite Mila Vasquez touchera celles et ceux qui ont lu les deux autres livres, elle sera également un choc pour les novices découvrant l’univers de Donato Carrisi. Autant vous prévenir de suite, s’il n’est pas particulièrement amateur des descriptions sanglantes, Donato Carrisi n’est pas un tendre. S’il doit décrire une scène crue, les détails seront là. Et même si le meurtrier est arrêté à la fin, le mal a largement eu le temps de se distiller et de répandre son poison. Et derrière l’horreur principale se révèle une autre encore plus grande.

L’Egarée
de Donato Carrisi
Traduction de Anaïs Bouteille-Bokobza
Éditions Calmann-Lévy