Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant

Ayant eu l’occasion professionnellement de me pencher sur le folklore japonais et les yokaï, je déplorais l’absence de livres sur le sujet dans ma bibliothèque. Une amie, qui connaît ma passion pour les légendes urbaines a eu l’idée de m’offrir Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant de Stéphane L. Gabriel, autoédité chez Amazon Publishing.
Qu’elle en soit remerciée. Le texte souffre de
défauts importants, mais il se dévore et s’avère une mine d’informations.
Commençons par les défauts. C’est tout simple : il n’a pas été édité. Les fautes d’orthographe (principalement de l’inattention) sont nombreuses, de même que les homonymes utilisés à mauvais escient. Cela ne freine pas la lecture, ceci dit. C’est juste très agaçant à la longue. La mise en page semble, elle aussi, conçue pour un format un poil plus haut que le livre papier final. Du coup,certaines histoires commencent parfois dans la foulée de la précédente au lieu de commencer sur une page dédiée.
Ce point réglé,
Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant se révèle très intéressant. Même s’il parle de mythes connus comme le Kappa ou ceux ayant inspiré The Ring et ses suites cinématographiques, il ne s’en contente pas et propose des légendes et rumeurs différentes, ainsi que des jeux à se faire peur propres au Japon et à l’Asie. Même en connaissant bien le domaine, vous y apprendrez toujours quelque chose. À prendre toutefois avec des pincettes puisque Stéphane L. Gabriel retranscrit en prenant pour argent comptant la vieille histoire du contenu satanique de titres rocks réécoutés en sens inverse… Si vous êtes amateur de légendes urbaines, voici qui élargira vos horizons. Et vous incitera à aller plus loin.

Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant
de Stéphane L. Gabriel
disponible via Amazon Publishing

Les Chroniques de l’étrange

Débutons l’année avec un genre que j’affectionne particulièrement bien qu’on y trouve du très bon comme du très mauvais : l’urban fantasy. Et plus exactement l’urban fantasy française avec Les Chroniques de l’étrange de Romain D’Huissier. Vous vous doutez que celles-ci appartiennent à la première catégorie.
Cette trilogie a une particularité originale : elle ne se déroule ni à Paris, ni à Londres, ni même en Europe et vous n’y trouverez aucun vampire, elfe, fée ou nain. En effet, les trois romans des
Chroniques de l’étrange (Les 81 frères, La Résurrection du Dragon et Gardiens Célestes) se passent à Hong Kong de nos jours. Ici, la magie et la sorcellerie sont dérivées du syncrétisme religieux propre à l’Asie (animisme, taoïsme, bouddhisme et ses différentes variantes font leurs apparitions) et les monstres sont issus de la mythologie chinoise (même les zombies qui n’ont pas grand-chose à voir ni avec The Walking Dead ni avec les créations de Georges Romero).
Le héros des romans, Johnny Kwan, est exorciste de profession et vend ses talents au plus offrant : mafieux des triades, businessman prospère, simple particulier voulant retirer le mauvais œil de sa maison ou de son échoppe ou encore services de police. Au début de
Les 81 frères c’est justement un inspecteur de police qui le met en relation avec un homme d’affaires amateur d’antiquités pour enquêter sur un cambriolage sanglant. Une relique magique antique a été volée et Johnny Kwan va devoir la retrouver avant qu’elle ne serve dans un rituel qui pourrait plonger Hong Kong d’abord et le reste de l’Asie ensuite dans le chaos. Les deux romans suivants, La Résurrection du Dragon et Les Gardiens célestes sont des suites directes du premier même s’il s’écoule quelques jours à quelques mois entre chaque volume.
L’univers des
Chroniques de l’étrange est plaisant. Ici, même si la vaste majorité des Hongkongais ne savent pas que des créatures magiques existent, celles-ci circulent parmi eux et vivent leur train-train quotidien, prenant métro et ferry au milieu des humains et fréquentant les mêmes restaurants et boutiques. En fait, la plupart des esprits hantant Hongkong sont de bons citoyens, seuls quelques nouveaux venus désorientés et des criminels retors (comme la femme araignée de La Résurrection du Dragon) troublent l’ordre public et nécessite l’intervention d’un exorciste. L’histoire, très calquée dans ses péripéties sur une campagne de jeu de rôle, se lit sans problème. Elle a juste tendance à ouvrir l’appétit, Johnny Kwan ayant la fâcheuse habitude de donner ses rendez-vous professionnels au restaurant et de détailler ce qu’il dévore avec délice. En revanche, les personnages manquent d’un je-ne-sais-quoi pour gagner en profondeur. A deux ou trois exceptions près (la nonne, le fils du parrain d’une des triades), les second rôles sont très rapidement tracés. Dommage.

Les Chroniques de l’Étrange
de Romain D’Huissier
Editions Critic