Arelate

« Tu aimes les films sur les gladiateurs ? » Si vous répondez oui, avant même que le commandant de bord de votre avion ne finisse sa phrase, si vous avez vu Ben-Hur, Spartacus (le film comme la série) ou Gladiator, cette bande dessinée est faite pour vous. Non parce que vous y retrouverez les clichés hollywoodiens musclés, huilés et assoiffés de vengeance, mais parce que vous y lirez une histoire bien plus proche de la réalité historique. Rassurez vous, la vengeance, l’huile et les combats restent bien présents tout au long des pages. Mais ils ne sont pas les seuls intérêts de cette bande dessinée. Outre la vraisemblance historique, et le fait que l’action se déroule principalement à Arles (l’Arelate du titre), les héros ne sont pas tous gladiateurs : la femme de Vitalis, le jeune Neiko ou même Atticus l’entraîneur y tiennent un rôle tout aussi important.
Du coup, l’intrigue ne se limite pas à l’arène et autre salle de banquets pour péplum des années 50. Du port au forum en passant par les différentes tavernes et échoppes du coin, l’histoire se construit peu à peu.
A dire vrai, j’avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans l’intrigue. Au départ, le héros principal – joueur, ivrogne au coup de poing facile me semblait un mauvais précurseur de Clint Eastwood période orang-outan. Et pour une habituée des comics depuis toute petite, lire un triple tome en dégradé de noir, blanc et sépia… Rapidement, le charme agit. L’idée que le sépia indique le temps présent alors que le noir et blanc pur renvoie au passé marche bien. Le bagarreur met de l’eau dans son vin, les autres personnages prennent de l’importance, et mon attrait pour la vie romaine, mais également la découverte du sport de combat antique qu’était la gladiature m’ont emporté au premier siècle de notre ère sur les traces de Vitalis et des autres membres de son équipe.
Attention, si vous choisissez comme moi de prendre directement le premier cycle, ne sautez pas les pages post-histoire pour en apprendre plus sur Arelate, ses bâtiments et la vie de ses habitants gallo-romains. Richement illustrés, ils sont très instructifs sans pour autant être ennuyeux.
Maintenant que le premier cycle est terminé, je vais rapidement poursuivre la lecture avec le tome 4 et les aventures de Neiko.

Arelate — premier cycle de Laurent Sieurac et Alain Genot
Éditions 100 Bulles

Membrane

Même si avec Le Problème à Trois Corps et ses deux suites de Liu Cixin, la science-fiction chinoise a été un des gros succès de 2016, la littérature de genre asiatique reste largement méconnue en France. Pourtant on trouve parfois des perles, au ton très différents des auteurs anglo-saxons et francophones, même sur des thématiques communes. À titre d’exemple, Membrane du romancier et traducteur taïwanais Chi Ta-Wei. Sorti en 1996 et réédité en 2011, il n’a été traduit en France qu’en 2015. Pourtant, c’est un petit bijou de réflexion sur l’identité. Qu’est-ce qu’être humain ? Où est la frontière entre l’homme et la machine ? D’un genre à l’autre ?
Certains éléments sont très datés, comme la mention de Gopher qui a pratiquement disparu au profit du Web classique ou la disparition de la couche d’ozone alors qu’en 2017 cette menace s’est éloignée (contrairement au réchauffement climatique). Et le genre de cyberpunk lui-même est un peu tombé en désuétude. Pourtant, ce récit écrit presque uniquement du point de vue de Momo, narratrice peu fiable s’il en est, reste tout à fait d’actualité. Comme Momo, les lecteurs s’interrogent sur la différence entre l’apparence et la réalité, sur la profondeur des sentiments, familiaux ou autres, et sur le sens de leur vie.
Comme pour Liu Cixin, il faut faire l’effort de rentrer dans le récit de Chi Ta-Wei, même s’il est très court. Cet effort est largement mérité et jusqu’au retournement final, dont on se doute assez rapidement de la teneur, l’histoire de Momo, pauvre en action, est particulièrement riche en sentiment et en réflexion.

Membrane de Chi Ta-Wei
Traduction de Gwennaël Gaffric
Éditions Le livre de poche

Les Vandales du vide

Avec l’été, pourquoi ne pas profiter des heures les plus chaudes pour s’offrir une petite évasion spatiale sans prise de tête ? Parmi mes auteurs favoris en cette saison se trouve l’immense conteur Jack Vance. Que ce soit pour une de ses œuvres majeures (comme la Geste des Princes-Démons) ou pour un texte mineur sans prétention, je ne suis jamais déçue. Son style léger m’entrainera loin dans l’immensité étoilée sans accroc et toujours avec plaisir.
Ce roman, Les Vandales du vide, est l’un de ses premiers. Publié en 1953, il était resté inédit en France jusqu’à sa publication chez Le Bélial. C’est typiquement un des romans « pulps » — nous dirions plutôt romans de gare en France — de l’époque. Un jeune héros va passer de l’enfance à l’âge adulte en ayant vécu moult aventures et ayant sauvé la mise aux adultes. Ici, le héros s’appelle Dick Murdock. Quittant sa Vénus natale pour l’observatoire de Lune, il va se retrouver aux prises avec des pirates spatiaux. À force d’astuce, d’audace et de beaucoup de chances, il arrivera à les mettre en déroute et à intégrer la Marine spatiale, comme « chair à canon », récompense si belle dans la littératures des années 50. Ou pas.
Disons-le tout de suite, ce court roman est très daté. L’homme n’avait pas encore été sur la Lune et l’imaginait couverte de glace et de joyaux. On pouvait encore imaginer Vénus ou Mars comme des endroits habitables à l’air libre. Et ne cherchez pas une femme dans les 228 pages du roman, il n’y en a pas une seule. Ce qui explique peut-être comment un gamin de 14 ans peut être laissé sans surveillance aux commandes d’un radeau nucléaire pour explorer seul la Lune. Comme vous l’aurez compris, il y a aussi bon nombre d’incohérences, mais pas plus que n’importe quel film moyen de super-héros. Pour autant, ne boudez pas votre plaisir. Ne manquant pas de rebondissement, et très bien écrit, il est le mélange d’action et d’humour léger parfait pour se détendre au bord de l’eau ou dans un hamac sous le chant des cigales. Ou même pour s’offrir quelques instants d’évasion dans les transports en commun sur le trajet du travail, ou des études.

Les Vandales du vide de Jack Vance
Traduction de Pierre-Paul Durastanti
Éditions Le Bélial

The Race

Il suffit parfois de peu de choses pour choisir un livre. Pour que j’achète The Race de Nina Allan, ce fut juste le commentaire en couverture d’Alastair Reynolds le qualifiant de « roman de science-fiction superbement étrange. » Et devinez ? Il a parfaitement raison. The Race est si déroutant et inclassable qu’à la fin du livre, le lecteur se demande exactement ce qu’il a lu. Un roman ? Ou plusieurs nouvelles ? En fait, le livre est conçu comme quatre histoires distinctes : celle de Jenna, celle de Christy, celle d’Alex et enfin celle de Maree. À travers ces personnages, The Race nous entraîne à la frontière entre deux mondes. L’un qui semble être inspiré de notre Grande-Bretagne actuelle, et un — ou deux ? – autre post-apocalyptique dans un monde où la guerre des Malouines s’est prolongée durant des années et où la campagne anglaise a été dévastée par la fracturation hydraulique.
Mettant l’accent sur les personnages et sur leurs sentiments, chaque partie du livre semble s’achever là où le lecteur espère un dénouement proche, et là où les échos d’une vie précédente se font plus fort dans la vie suivante. La clé finale du roman n’est livrée que dans les quarante dernières pages. Ou voire dans la nouvelle en annexe, Brock Island. Celle-ci est soi-disante écrite par l’un des personnages, Christy Peller, et met en scène un autre, Maree. De quoi vous perdre encore plus.
Si vous cherchez des combats contre des civilisations extraterrestres ou des pouvoirs dignes de super-héros, passez votre chemin. Si en revanche vous cherchez un roman plus intimiste à la Gabriel Garcia Marquez mâtinée d’un peu de science-fiction, The Race de Nina Allan est fait pour vous.

The Race de Nina Allan
Éditions Titan Books

Norse Mythology

Qui a lu Sandman ou American Gods (si ce n’est déjà fait, lisez le avant de vous lancer dans la série TV ou au moins avant la saison 2) sait que Neil Gaiman est un amoureux de la mythologie. Imaginez ma réaction quand patientant à l’aéroport de Los Angeles, je découvre un livre avec « Mythology » et Neil Gaiman sur la couverture. Je ne pouvais que plonger. Et le vol de retour vers la France ne m’a jamais paru aussi court.
À la différence des autres titres cités, dans Norse Mythology, Neil Gaiman invente aussi peu que possible. Il s’est plongé aux racines de la religion nordique. Même si ce n’est finalement pas si loin dans le temps, car les seuls textes fondateurs qui nous sont parvenus ont été écrits durant la christianisation de la Scandinavie. De ces textes, poétiques ou en proses, Neil Gaiman se laisse aller à nous narrer treize contes mythologiques. Certains sont déjà bien connus, car déjà développés mille fois en livres, en dessin animés, en bande dessinée, etc. C’est le cas de Ragnarok : the Final Destiny of the Gods ou The Death of Balder. D’autres comme Freya’s unusual wedding ou The story of Gerd and Frey sont plus obscures. Et d’autres proposent d’étranges parallèles avec la mythologie gréco-romaine comme The Master Builder qui rappelle la fondation des murailles de Troie ou The Apples of Immortality qui ressemblent fortement aux fruits du jardin des Hespérides. Le tout est conté avec un style tout simple, mais entrainant. Comme si Neil Gaiman et son lecteur étaient tous deux au coin du feu et échangeaient des nouvelles de cousins lointains. Prenez une bière fraiche, un thé ou un chocolat chaud suivant vos goûts, et entrez dans la conversation.

Norse mythology par Neil Gaiman
Éditions W.W.W Norton & Company

On n’est jamais bizarre sur Internet (ou presque)

Une fois n’est pas coutume, j’ai lu une autobiographie. Ce genre est pourtant très loin d’être mon préféré. J’ai profité d’une semaine de promotion (500 livres numériques à 0,99 € pièce) pour faire le plein de ma liseuse, sans craquer pour l’ensemble des livres. Du coup, à ce tarif, quand j’ai vu le livre de Felicia Day, je l’ai ajouté dans mon panier.
Plus que le titre, c’est en effet l’auteure qui m’a attirée. Même si je l’ai croisée dans plusieurs séries de genre que j’adore (Eureka, Buffy, Supernatural…), Felicia Day reste pour moi la rouquine chantant « Do you wanna date (my avatar)? », un morceau de nerd pop à faire hurler de rire n’importe quel participant de jeu en ligne.
Finalement cette biographie est à l’image que je me faisais de la personnalité publique de l’actrice : énergique, drôlissime et particulièrement futée. Voici le genre de livre que je ferais lire à un non-mordu (de jeux vidéo, de science-fiction, de livres ou même de chats) pour lui faire comprendre toute la richesse des mondes de passionnés. Et, parfois aussi, leurs relents peu ragoûtants. Ainsi, Felicia consacre un chapitre au GamerGate et à son impact sur sa vie quotidienne en ligne et hors de là. Pour ceux et celles qui n’ont pas suivi, le GamerGate est l’incarnation de la façon dont le pire de la misogynie et du racisme ont pris racine dans une mauvaise rupture pour s’épandre partout sur le Web et finir par menacer physiquement des joueuses, des professionnels et même de tous jeunes enfants, parce qu’ils ou elles ne correspondaient à l’image que se font des jeux vidéo les rétrogrades abrutis derrière leurs écrans.
Heureusement, ce chapitre ne résume pas tout le livre. Au-delà des différentes sous-cultures dans lesquelles navigue Felicia Day (y compris celle des acteurs hollywoodiens de troisième rang), ce livre est également mordant d’ironie par rapport aux propres failles de l’auteure. Celles qu’elle s’imagine, comme son angoisse à la fac. Et celles bien réelles comme ses crises de paniques et de dépression, qui même racontée avec drôlerie, donnait envie de la bercer et de lui servir une tasse de thé chaud, ou un verre de rhum. En revanche, j’ai un peu tiqué sur la mise en page. Ce livre est truffé de photos qui ne passent pas sur une liseuse en noir et blanc et la traduction des légendes et des notes de bas de page en deviennent parfois incompréhensibles. Mieux vaut le lire en version papier.

On n’est jamais bizarre sur Internet (ou presque) de Felicia Day
Traduction de Marie-Aude Matignon
Editions Bragelonne

Et en petit bonus, pour que vous ayez bien l’air en tête pendant quelques heures :

Anastème – Révolution : projet à suivre ?

S’annonçant à mi-chemin entre l’espionnage et la science-fiction classique, Anastème – Révolution se veut le premier roman d’un bourlingueur des littératures de l’imaginaire. Tour à tout blogueur, éditeur de BD numérique pour Glénat, journaliste ou attaché de presse et plus récemment consultant, Sébastien Célimon franchit le pas avec Anastème – Révolution. Et plutôt que s’autoéditer ou écrire dans son coin un manuscrit avant de confier à un éditeur, il le fait en ligne. Ainsi, les deux premiers chapitres (et un bonus) sont disponibles gratuitement sur Tipeee. Si le résultat vous intrigue suffisamment, vous pouvez donner un « tip » de 1 € pour lire le chapitre suivant. Ces tips ponctuels ou récurrents non seulement préfinancent le livre, mais également permettent à l’auteur de mesurer si la direction qu’il prend plaît à son lectorat potentiel, et à créer une communauté autour de son livre avant une parution future.
Personnellement, les deux courts chapitres présentés piquent suffisamment ma curiosité pour que je verse mon obole pour en savoir plus. Attention, ce n’est encore qu’un projet en cours et d’ici à une mise sous presse, beaucoup de choses peuvent encore changer. L’histoire me plaît, et l’idée d’avoir un coin du voile levé sur un procédé créatif aussi. Et vous ?

Le moineau de Dieu

Voici un livre que j’ai lu deux fois. Une première fois à sa sortie chez Presse Pocket et une autre fois récemment lorsqu’un ami m’a prêté le livre. Et les deux fois, je me suis laissée happer par l’histoire. N’étant pas particulièrement religieuse, j’ai pourtant toujours été fascinée par l’ordre des Jésuites (et celui des Dominicains, mais là je blâme Valerio Evangelisti et sa série autour de l’inquisiteur Nicolas Eymerich). Du coup, un livre sur une expédition spatiale financée et menée par des jésuites avec la première rencontre extraterrestre ne pouvait que me tenter.
Même si elle annonce assez vite la couleur – l’expédition est un échec et le seul prêtre survivant est revenu brisé, impur et meurtrier d’un enfant – l’écriture de Mary Doria Russell est pleine de douceur et de délicatesse. L’alternance entre « alors » (de la découverte des extra-terrestres au sauvetage du dernier prêtre) et « maintenant » (le débriefing du survivant et sa lente remise en forme) amène lentement vers la déchéance finale et son retournement. Plus que les événements eux-mêmes, ce qui intéresse Mary Doria Russell, et ce qui m’a intriguée en tant que lectrice, c’est l’évolution des différents personnages : humains comme extraterrestres. Les liens entre eux qui se nouent et se dénouent en permanence.
Au début du livre, vous pouvez avoir droit à de vrais fous rires, et le texte se lit très facilement. Ce n’est pas une raison pour le mettre entre toutes les mains. Même sans s’attarder avec moult détails graphiques, les thèmes abordés sont durs. Ils tournent autour d’une thématique centrale, et récurrente en science-fiction comme en religion : comment un Dieu d’amour et de bienveillance peut tolérer l’existence du Mal et de la souffrance, surtout à l’encontre de victimes innocentes. Et comme l’on s’attache aux personnages, même sans description détaillée, ce qu’ils font ou ce qui leur arrive est encore plus violemment ressenti. Sans apporter de réponse formelle à la question, Mary Doria Russell livre ici un roman qui pousse à s’interroger, croyant ou non, sur la définition même du Mal et sur nos a priori.

Le moineau de Dieu par Mary Doria Russel
Traduction de Béatrice Vierne
Editions Presse Pocket

The Dark Tower 1 — The Gunslinger

Maudit Stephen King ! Cet écrivain est un auteur à part dans mes lectures. Autant certains de ses livres (Shining, Salem’s Lot, Ça, Brume, Bag of Bones) me ravissent et je les lis et relis avec plaisir. Autant d’autres, pourtant connus comme ses plus gros succès comme Gerald’s Game, Misery ou From a Buick 8, me rebutent au point — rarissime ! – de les abandonner en cours de lecture. La saga de la Tour sombre faisait partie de ce dernier lot. Et je n’aurais pas pris de plaisir à lire Les Yeux du Dragon où d’ailleurs l’homme en noir fait également une apparition, j’en aurais simplement conclu que la fantasy telle que l’écrit Stephen King ne me convient pas. Mais, j’ai insisté, sinon vous ne liriez pas ce pavé.
Ma première tentative date de la parution en livre de poche de la traduction française. Lasse, je n’ai pas dépassé le tiers du roman avant de le revendre. Des années plus tard, je retente l’aventure, mais en version originale au cas où le problème viendrait de la traduction. Ce coup-ci je pousse jusqu’à mi-chemin, et la rencontre avec Jake avant d’abandonner. Ce n’est donc pas un problème venu du traducteur.
Pourquoi persévérer alors ? Parce que je suis une maniaque qui préfère lire le livre avant de voir le film. Or, sort prochainement une adaptation ciné de la saga, avec deux acteurs que j’aime beaucoup (Idris Elba et Matthew McConaughey), même s’ils ont eux aussi leurs lots de navets au compteur. Profitant d’une promotion — début mai ! – sur le site américain de Kobo, j’achète à nouveau The Dark Tower 1 – The Gunslinger. Ce coup-ci, il s’agit d’une version révisée par Stephen King lui-même, à l’occasion de la sortie du volume 6. Stephen King explique d’ailleurs dans son préambule que la version précédente (celle que j’ai dû avoir entre les mains auparavant) a été écrite à 19 ans, avec un style nettement plus lourd que ses livres suivants.
Fin juin, après l’avoir mis de côté plus d’une fois, j’arrive enfin au bout. Et je hais le sale tour que joue Stephen King à ses lecteurs. En effet, The Gunslinger n’est pas un livre, ni même le premier volume d’une saga de fantasy. C’est une introduction au tout dernier chapitre du volume, qui lance lui-même la saga, et s’annonce lui prometteur. Mais pour en arriver là, que de chemin parcouru ! Tant par Roland (et là, cela aide de mettre un visage sur le nom, même si Idris Elba n’a visiblement pas la « pallid skin » du roman), que pour le lecteur. Les personnages vont et viennent et palabrent beaucoup, l’action se traîne et il n’y a guère de prise pour un semblant d’empathie. Avec deux exceptions, Jake le garçon perdu qui s’attache aux pas de Roland et David son faucon vieillissant. Or, au moment où l’histoire démarre enfin, c’est-à-dire environ trente pages avant la fin, tous les deux sont morts. Pour le moment. Dire que je me suis ennuyée à la lecture de ce livre est un euphémisme. Mais, en raison de ces trente dernières pages, Stephen King m’a suffisamment intrigué pour que je donne sa chance au deuxième volume. Mais s’il retente le même coup pour m’intéresser au trois, ce sera sans moi. Il y a tellement de livres à découvrir que je n’ai pas le temps de me trainer avec des boulets dans un roman !

The Dark Tower 1 – The Gunslinger par Stephen King
Editions Scribner

 

En cadeau, la bande annonce du film attendu en août. Avouez qu’elle donne envie ?

Avis d’invitée : La mécanique du coeur

Ce blog s’ouvre parfois à des invités qui nous font partager leurs coups de coeur. Ici, Fiona, 10 ans, nous explique pourquoi lire La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu


Jack est né le jour le plus froid du monde, en 1874 à Édimbourg et son cœur en reste gelé. Le D
r Madeleine lui installe une horloge à la place. Du coup, son cœur fait toujours : tic-tac tic-tac. Jack n’a pas le droit de se mettre en colère ou de tomber amoureux, ce qui déréglerait son horloge-cœur. Mais le jour ou il voit une petite danseuse de flamenco à l’âge de 10 ans, il en tombe instantanément amoureux ; il va donc aller à l’école pour la retrouver, mais ne la trouve pas et subit beaucoup de moqueries de la part de ses camarades, surtout par un dénommé Joe (ancien amoureux de la petite danseuse). Trois ans après, ça dégénère et Jack est obligé de partir. Il va se mettre en tête de retrouver Miss Acacia, la petite danseuse de flamenco et va découvrir de nouvelles personnes… Et en retrouver certaines.

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui exprime bien les pensées de quelqu’un qui est différent (en l’occurrence Jack) et qui se lit facilement. Il y a évidemment quelques passages où l’on se perd un peu, mais dans l’ensemble, il est très bien. Il est drôle, émouvant, avec parfois une pointe de dureté. Je vous le conseille vivement.

La mécanique du coeur par Mathias Malzieu
Editions Flammarion (et J’ai lu en poche)